21 février 2012

Poétique et bucolique... séance photo et morceaux choisis

Un peu de poésie aujourd'hui (une fois n'est pas coutume) pour accompagner les photos d'un shooting très bucolique, dans une ambiance toute douce d'écorce, de mousse, et de fougères ; de magnifiques photos d'Elodie qui porte à merveille mes bijoux! Un grand merci à elle et au photographe Guillaume Ménant!

017 - 25012012


005 - 25012012

 


Textes choisis, qui me parlent et que je l'espère vous apprécierez aussi... si vous avez le courage de tout lire! :)


IL ÉTAIT UNE FEUILLE

 

Il était une feuille avec ses lignes

Ligne de vie

Ligne de chance

Ligne de cœur

Il était une branche au bout de la feuille

Ligne fourchue signe de vie

Signe de chance

Signe de cœur

 

Il était un arbre au bout de la branche

Un arbre digne de vie

Digne de chance

Digne de cœur

Cœur gravé, percé, transpercé,

Un arbre que nul jamais ne vit.

Il était des racines au bout de l’arbre

Racines vignes de vie

Vignes de chance

Vignes de cœur

Au bout des racines il était la terre

La terre tout court

La terre toute ronde

La terre toute seule au travers du ciel

La terre.


Robert DESNOS  - Les Portes battantes (1936)

027 - 25012012


003 - 25012012

  

  

 Une chanson que j'affectionne particulièrement, de Maxime Piolot;

je l'ai apprise enfant et je la chante aujourd'hui à ma fille.

Extrait:


Je suis un peuplier, qui s'est mis à marcher,

peut-être par amour, peut-être par ennui,

je sème sur ma route,mes feuilles et mes fruits

pour ne pas oublier, la terre où je suis né.

Je ne suis pas de bois, j'ai de grands yeux partout,

je parle avec mes feuilles je dis des mots très doux

Et seuls quelques enfants qui s'approchent de moi écoutent mon silence et répondent à ma voix...


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032 - 25012012

Le premier arbre

 

C'était lors de mon premier arbre,

J'avais beau le sentir en moi

Il me surprit par tant de branches,

Il était arbre mille fois.

Moi qui suis tout ce que je forme

Je ne me savais pas feuillu,

Voilà que je donnais de l'ombre

Et j'avais des oiseaux dessus.

Je cachais ma sève divine

Dans ce fût qui montant au ciel

Mais j'étais pris par la racine

Comme à un piège naturel.

C'était lors de mon premier arbre,

L'homme s'assit sous le feuillage

Si tendre d'être si nouveau.

Etait-ce un chêne ou bien un orme

C'est loin et je ne sais pas trop

Mais je sais bien qu'il plut à l'homme

Qui s'endormit les yeux en joie

Pour y rêver d'un petit bois.

Alors au sortir de son somme

D'un coup je fis une forêt

De grands arbres nés centenaires

Et trois cents cerfs la parcouraient

Avec leurs biches déjà mères.

Ils croyaient depuis très longtemps

L'habiter et la reconnaître

Les six-cors et leurs bramements

Non loin de faons encore à naître.

Ils avaient, à peine jaillis,

Plus qu'il ne fallait d'espérance

Ils étaient lourds de souvenirs

Qui dans les miens prenaient naissance.

D'un coup je fis chênes, sapins,

Beaucoup d'écureuils pour les cimes,

L'enfant qui cherche son chemin

Et le bûcheron qui l'indique,

Je cachai de mon mieux le ciel

Pour ses distances malaisées

Mais je le redonnai pour tel

Dans les oiseaux et la rosée.

 

Jules Supervielle

La Fable du monde

020 - 25012012

025 - 25012012

 

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